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Des abeilles dans le jardin

Le 22 octobre 2019 par Luc Potiblogeur

En bon observateur, un jardinier différencie plusieurs espèces d’abeilles qui butinent ses massifs. Mais il est toujours étonnant de découvrir qu’il y a environ 900 espèces d’abeilles réparties en France selon le relief et le climat.

Ces butineuses infatigables, ne sont pas toujours facile à identifier. La plus connue est l’abeille mellifère qui vit en colonie dans les ruches des apiculteurs. Toutes les autres espèces, sauf les bourdons (voir ci-dessous) sont des abeilles solitaires. De la plus petite (quelques millimètres) à la plus grande (l’abeille charpentière) elles sont présentes dès le début du printemps avec la floraison des saules et jusqu’à l’automne sur les fleurs du lierre grimpant.

Comme son nom l’indique l’abeille solitaire vit seule, même si elle se regroupe avec d’autres dans un même lieu (des bourgades), chaque abeille s’occupe de sa progéniture et de sa nourriture.

Contrairement à l’abeille mellifère des apiculteurs, les abeilles solitaires ne stockent pas de miel. N’ayant pas de réserves à défendre elles ne sont donc pas agressives. Une bonne moitié des abeilles solitaires n’ont même pas de dard !

Noire Prunelier abeille butine miel

Offrir le gite au jardin

Les hôtels à insectes fleurissent dans de nombreux jardins. Regrouper des petits fagots de plusieurs tiges creuses, de diamètres différents, feront le bonheur des abeilles caulicoles (celles qui choisissent les tiges à moelle pour abri).

hotel insecte jardin

Mais plus de 60 % des abeilles solitaires font leur nid dans la terre. Les abeilles terricoles nichent dans un sol meuble. Pour les accueillir il est facile d’aménager un endroit susceptible de les abriter. Une cavité creusée puis  comblée de terre allégée avec du sable, le tout recouvert de végétation, devient l’adresse d’un palace pour abeilles !

Simple aussi à mettre en place, quelques petits tas de pierres parsemé d’un peu de terre sera vite colonisé par les abeilles scavicoles.

Un mélange de différents matériaux, comme par exemple le contenu d’une pelle après le balayage d’une allée, permettra aux abeilles maçonnes de faire leur marché. La Chalicodome des Pyrénées par exemple fabrique son nid en forme d’œuf, avec de boue et de grains de sable.

Des fibres végétales, ( chanvre )  mis à disposition des abeilles cotonnières, vous permettra d’apercevoir de nouvelles têtes dans votre jardin.

Les abeilles mégachiles quant à elles, découpent des feuilles qu’elles enroulent en un tube afin de s’y abriter. Les feuilles tendres ne sont pas toujours grignotées par des chenilles ….

La résine des pins et sapins est le matériau de base des abeilles résinières.

Un vieux rondin de bois mort oublié dans un coin d’ombre sera très prisé par les abeilles xylocopes, comme l’impressionnante abeille charpentière qui creuse ses tunnels dans les vielles souches.

Abeille charpentiere butine miel

Enfin les plus originales les abeilles hélicicoles qui squattent des coquilles d’escargots vides, véritables Bernard l’Hermite des jardins.

Espèce invasive :

L’abeille résineuse géante (Megachile sculpturalis) d’origine asiatique a été signalée pour la première fois en France en 2008, à Allauch (13). Depuis, elle progresse vers le nord et l’ouest. En 2018 elle a été détectée dans 99 communes réparties dans 25 départements. L’espèce pourrait entrer en compétition avec les abeilles indigènes pour les ressources alimentaires et les sites de nidifications.

Améliorer les ressources alimentaire :

Les abeilles apprécient les fleurs simples comme les pissenlits, le trèfle. Laisser un coin de pelouse un peu sauvage, c’est le couvert assuré pour la plupart des abeilles. Sur cette partie de terrain, un fauchage tardif permettra aux abeilles solitaires de boucler leur cycle de reproduction.
Contrairement aux  abeilles mellifères qui visitent plus de 200 espèces végétales différentes, certaines  espèces solitaires ne butinent qu’une seule plante. L’abeille  Chelostoma Rapunculi ne fréquente que les campanules. L’ Andrena Ranunculi ne visite que les renoncules et l’ Andrena Viridescens  ne butine que les véroniques…

Les plantes mellifères à privilégier :

Planter un noisetier permet d’offrir les premiers pollens du printemps. Laisser un lierre s’étendre sur un coin de mur offrira de la nourriture jusqu’à la fin de l’automne.
Les meilleures sources de nectar : érable champêtre, châtaigner, clémentinier, cotonéaster, vipérine, eucalyptus, framboisier, lavande, salicaire, luzerne, mélilot, vigne vierge, phacélie, brunelle, amandier, rhododendron, moutarde, sophora du japon, pissenlit, sauge, thym, trèfle incarnat, trèfle blanc…

Les meilleures sources de pollen : bouleau, marronnier, noisetier, aubépine, bourdaine, tournesol, coquelicot, brunelle, merisier, saule marsault, renouée du japon, bouillon blanc…

Noisetier melifere abeille

Pour la saison d’hiver, il est judicieux de  privilégier les plantes qui fleurissent en fin d’année : le laurier-tin, le lierre grimpant, le mahonia. Elles sont rustiques et surtout sans entretien.

Les plantes aromatiques comme le thym, la menthe, le romarin, la ciboulette, le fenouil, la sarriette sont très appréciées des butineuses.

Et les bourdons ?

Contrairement aux idées reçues, les bourdons ne sont pas les mâles des abeilles mais bien des espèces à part entière. La confusion vient du fait que le mâle de l’abeille des ruches est appelé « faux bourdons » par les apiculteurs… alors qu’abeillaud (appellation utilisée jadis) serait plus judicieux. Les bourdons font partie de la grande famille des abeilles et il y a bien des femelles bourdons.

Leur comportement est assez similaire à celui de l’abeille mellifère, organisés en colonie autour d’une reine ils ne rentrent pas dans la catégorie des abeilles solitaires. Ils nichent principalement dans des nids situés dans le sol ou les troncs d’arbres, mais ne stockent pas de réserves de miel pour l’hiver. En effet, les ouvrières meurent avec l’arrivée de l’automne, seules les futures reines passent l’hiver sous des écorces, dans un tas de bois ou de pierres.

Les bourdons sont assez prisés par les horticulteurs car contrairement aux abeilles, ils peuvent butiner à partir d’une température de 5 °C alors que les abeilles ne sortent que rarement en dessous de 15°C.

bourdon jardin butine

Les prédateurs

Les frelons, européen et surtout asiatique, apprécient les abeilles. Mais ils ne sont pas les seuls, les araignées-crabes ou les tisseuses de toile en font aussi leur repas. Le guêpier, la mésange charbonnière tout comme le pic-vert n’ont qu’à ouvrir le bec.
Mais la cause principale de la disparition des abeilles est due à l’utilisation de produits chimiques en tout genre…

Pierre Javaudin

C’est la découverte d’un essaim dans son jardin qui a déclenché sa passion pour les abeilles. “Elles sont venues à ma rencontre” assure-t-il. Réfractaire à l’apiculture conventionnelle, Pierre Javaudin a choisi, la voie de l’apiculture naturelle.

Le livre de Pierre sur les ruches naturelles :

Une ruche dans mon jardin
  • 144 Pages - 03/30/2016 (Publication Date) - Larousse (Publisher)

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